Table of Contents
Essai de la CFMOTO 675NK : un naked bike qui ne demande pas ta taille
Mes impressions après six jours au guidon
Fondée en 1989, CFMOTO est une compagnie chinoise basée à Hangzhou, qui possède aussi une usine à Minneapolis, au Minnesota. D’abord spécialisée dans le VTT et le côte à côte, elle a pris énormément de place sur le marché de la moto au cours des dernières années.
La famille NK, elle, existe depuis longtemps chez CFMOTO. NK, ça veut simplement dire NaKed, et on la retrouve dans à peu près toutes les cylindrées. Ce qui est nouveau, c’est la 675 : elle vient se placer entre la 450 et la 800 de la même famille, et surtout, elle inaugure le trois-cylindres maison de CFMOTO.
C’est elle que j’ai eu la chance de découvrir cet été, grâce à CFMOTO Canada, pendant six jours de roadtrip en Outaouais. Et je me considère plutôt chanceuse.
Je roulais en alternance avec Julie, une collaboratrice de Chicks and Machines. Deux motocyclistes, deux gabarits, deux styles de conduite… et la même moto. C’est exactement le genre d’essai qui te dit la vérité sur une machine.
La 675NK : un naked bike de moyenne cylindrée
Dans cette catégorie, la 675NK a des rivales sérieuses. Sa concurrente la plus directe est la Triumph Trident 660, la seule autre trois-cylindres de la classe, et on peut aussi la comparer à la Yamaha MT-07 ou à la Kawasaki Z650.
J’adore ce style de moto, et je pense sincèrement que c’est un des meilleurs choix pour la majorité des motocyclistes. Un naked bike, c’est polyvalent : assez confortable pour une grosse journée de route, assez agile pour la ville, et assez joueur pour que tu t’amuses dans les courbes. Tu n’as pas à choisir.
Côté look, la 675NK a une signature lumineuse en V à l’avant qui lui donne un regard assez agressif, et le silencieux est dissimulé pour laisser toute la place au moteur trois cylindres. Elle a de la gueule !

Est-ce que tu touches à terre ?
C’est toujours la première question qu’on me pose. Alors répondons-y tout de suite.
À 5 pi 6, je touchais très bien par terre. Julie, qui est plus grande que moi, encore mieux évidemment. La selle est à 810 mm de série, mais CFMOTO offre aussi une position basse à 795 mm et une position haute à 825 mm. Trois hauteurs, sur la même moto ! Dans cette gamme de prix, c’est rare, et honnêtement, ça devrait être la norme partout.
Mais il y a plus important que le chiffre, et c’est ça que je veux que tu retiennes. C’est la répartition du poids qui te met en confiance. Même si j’avais été vraiment sur la pointe des pieds, je sais que je me serais sentie à l’aise, juste par sa maniabilité et sa balance. Une moto bien équilibrée à 810 mm est infiniment plus rassurante qu’une moto mal équilibrée à 780 mm.
Et pendant qu’on parle d’ajustements : la fourche et l’amortisseur arrière sont tous les deux réglables. Ça veut dire que si tu es plus légère que le pilote moyen pour qui les suspensions sont calibrées en usine, tu peux réduire la précharge et retrouver un vrai confort. Beaucoup de femmes roulent des années sur des suspensions trop fermes pour elles sans savoir qu’un simple réglage règle le problème.

Le moteur : de la musique et du couple
Si tu n’as jamais roulé un trois-cylindres, laisse-moi t’expliquer pourquoi c’est la configuration la plus attachante qui existe.
Un bicylindre te donne beaucoup de force dès les premiers tours, mais il s’essouffle quand tu montes dans les régimes. Un quatre-cylindres, c’est l’inverse : il faut aller le chercher haut dans les tours avant qu’il se réveille vraiment, et en bas il reste tranquille. Le trois-cylindres, lui, va chercher le meilleur des deux : il pousse tout de suite, et il continue de monter sans jamais te lâcher.
Son son est simplement de la musique à mes oreilles.
Elle est douce à basse vitesse, ce qui est parfait pour traverser un village au ralenti sans se battre avec l’embrayage. Et elle a tout ce qu’il lui faut à haute vitesse. Du couple, elle en a ! J’ai senti les 95 chevaux juste au bon endroit, là où elle devait performer.
Et c’est vraiment ça qui compte. Ce n’est pas le nombre de chevaux sur la fiche, c’est l’endroit où ils arrivent. Une moto qui te livre toute sa puissance d’un coup, ça fatigue et ça insécurise. La 675NK, elle, te la donne progressivement, quand tu la demandes.

Mon expérience de conduite
Six jours de route en Outaouais, avec des journées complètes au guidon. C’est le vrai test d’un naked bike : est-ce qu’il est encore agréable après 200 km ?
Son confort est top. Pas de mal de poignets, pas de mal de fesses, même après des heures. La position est assez droite, ce que je préfère personnellement, et tu sens que la moto a été construite en pensant au pilote plutôt qu’à la fiche technique. Un vrai bonheur sur une longue journée.
C’est un point qui revient rarement dans les essais, mais qui change tout dans la vraie vie : une moto confortable, c’est une moto que tu sors plus souvent.
L’écran couleur est parfaitement lisible en plein soleil, et ça, je l’ai vérifié six jours de suite. C’est loin d’être un détail. J’ai déjà essayé des motos dont le tableau de bord devient un miroir noir dès que le soleil frappe, et devoir se pencher vers l’avant pour lire sa vitesse, ce n’est vraiment pas sécuritaire.
L’embrayage anti-dribble mérite aussi une mention. En plus d’empêcher la roue arrière de sautiller quand tu rétrogrades un peu vite, il allège l’effort au levier. Sur une journée en circulation ou dans les virages serrés, ta main gauche te dit merci !
Côté autonomie, le réservoir de 15 litres te donne environ 270 kilomètres entre deux pleins. Quand tu roules dans des coins où les stations-service s’espacent, c’est un chiffre à garder en tête.

Ce que je lui reproche
Franchement ? J’ai beau chercher, je ne trouve pas de point négatif.
Alors je vais plutôt être transparente avec toi sur les limites de mon essai. Six jours, c’est amplement suffisant pour juger le confort, le caractère du moteur et la maniabilité. Ce n’est pas assez pour se prononcer sur le comportement d’une moto après plusieurs saisons. Et je n’ai pas testé le quickshifter, alors je te laisse le découvrir par toi-même.
Si elle t’intéresse, l’essai routier chez ton concessionnaire reste la meilleure façon de valider si elle te convient. Mais après six jours dessus, je n’ai rien trouvé qui m’a agacée.
Mes impressions de la 675NK
Je pense que c’est une moto qui peut plaire autant à quelqu’un qui commence qu’à quelqu’un qui roule depuis longtemps. Elle a la puissance, elle a le couple, et elle est joueuse.
Si tu as une 300 ou une 500 et que tu sens que tu es rendue ailleurs, c’est exactement le genre de moto que je conseillerais à une amie. Tu montes en puissance sans jamais avoir l’impression d’être en dessous de ta machine.
Et il faut parler du prix, parce qu’il change la conversation. Une 675NK part à 9 449 $. Pour ce montant-là, tu repars avec un trois-cylindres de 95 chevaux, des suspensions réglables, un écran couleur, un contrôle de traction et un quickshifter. Il faut habituellement payer beaucoup plus cher pour retrouver tout ça sur la même moto. CFMOTO y ajoute une garantie de cinq ans au Canada, ce qui est une façon assez convaincante de dire : fais-nous confiance.
Le mot « accessible » a mauvaise réputation dans le monde de la moto. On l’associe à une machine sage, un peu ennuyante, qu’on nous propose gentiment en attendant qu’on soit prêtes pour du vrai.
La 675NK prouve que c’est n’importe quoi. Tu peux avoir une moto qui te met en confiance dès le premier arrêt et qui te fait sourire dans les courbes. Les deux, en même temps, pour moins de dix mille dollars.

Les spécifications de la 675NK
- Moteur trois cylindres en ligne de 675 cc
- 95 chevaux
- Transmission 6 vitesses avec quickshifter
- Hauteur de selle : 810 mm (795 mm ou 825 mm en option)
- Poids : 189 kg
- Suspensions réglables à l’avant et à l’arrière
- ABS deux canaux et contrôle de traction déconnectable
- Écran couleur TFT de 5 pouces avec connectivité Bluetooth
- Éclairage entièrement à DEL
- Garantie de 5 ans au Canada
- PDSF à partir de 9 449 $


Je tiens à remercier CFMOTO Canada de nous avoir confié les motos pour ce roadtrip en Outaouais, ainsi que Tourisme Outaouais pour l’accueil sur la route. Une expérience que je ne suis pas près d’oublier !




