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Voici Myriam, pilote d’avion nordique
Bonjour à tous! Je m’appelle Myriam, j’ai 24 ans et je suis pilote d’avion. Je suis honorée de me joindre à vous en tant que première collaboratrice du volet « aviation ».
Récemment, j’ai débuté l’emploi de mes rêves, celui que je souhaitais ardemment depuis que je m’intéresse à l’aviation.
En effet, depuis juin 2021, je suis première officière sur le Boeing 737-200, un avion légendaire qui effectue des vols de toutes sortes, autant dans le Sud que dans le Grand Nord, sur des pistes de gravier ou en glace.

Comme le démontre ce dessin remontant à la maternelle, mon rêve d’être pilote ne date pas d’hier.
En effet, j’ai grandi en voyageant beaucoup à cause de la carrière de ma mère, de même qu’en étant très proche de mon oncle, lui-même pilote chez Air Canada. J’ai aussi grandi entourée de femmes fortes, qui foncent et ne prennent jamais un « non » comme réponse!
Mes premiers pas pour devenir pilote d’avion
Mes parents m’ont donc toujours encouragée pour atteindre mes buts, malgré les obstacles rencontrés. Après le secondaire, j’ai été privilégiée d’étudier au Centre québécois de formation aéronautique, à Chicoutimi, où j’y ai complété une technique en pilotage d’aéronefs.
C’est en découvrant toutes les possibilités qu’offre l’aviation que j’ai décidé d’explorer hors des sentiers battus en ce qui concerne ma carrière.
Mon premier emploi en aéronautique a été avec la SOPFEU, comme patrouilleuse de détection de feux de forêts (Chibougamau). En volant à basse altitude, toute seule dans mon petit avion, à la recherche d’incendies, j’ai réalisé que je ne pourrais jamais rien faire d’autre de ma vie.

Après cet été à Chibougamau, j’ai été embauchée comme première officière par une compagnie d’évacuation médicale.
Aux commandes du Pilatus PC-12, j’ai découvert le Québec de long en large, de Saint-Bruno-de-Guigues à Salluit, des belles longues pistes de l’aéroport Montréal Trudeau aux petites pistes en gravier raboteux du Nunavik.
Durant trois ans, j’y ai acquis une expérience inestimable. Le sentiment de fierté d’avoir participé à sauver des vies, que ce soit des bébés prématurés ou des personnes âgées, est indescriptible.
Mes années dans le Medevac ont aussi fait de moi une fille prête à toute éventualité, passionnée par les situations complexes qui demandent la participation de différents corps de métiers, et fascinée par le professionnalisme du personnel de la santé.
J’y ai aussi côtoyé des populations autochtones, ce qui m’a grandement ouvert les yeux sur les enjeux de ces peuples, et la richesse de leurs valeurs et de leur histoire.
J’ai de nombreuses fois été touchée par des rencontres, autant avec le personnel médical qu’avec des individus de différentes communautés.
Ce que j’en ai retenu au niveau technique, c’est surtout que l’avion est un outil incroyable qui peut répondre à de multiples besoins. J’ai découvert comment braver la mauvaise météo, les orages comme les blizzards, et comment faire atterrir un avion sur une courte piste, avec des vents violents de travers sur la Côte-Nord. Le sentiment d’être en plein contrôle de la situation, que ce soit sous un beau coucher de soleil calme au-dessus des nuages ou dans une tempête qui secoue l’avion, m’a fait retomber en amour avec ce métier jour après jour.

Nouveaux défis
J’ai adoré ces années, mais j’aspirais à piloter de plus gros appareils, encore plus au Nord. Mon oncle André, duquel j’ai toujours été très proche, me racontait depuis ma tendre enfance à quel point ses années à piloter le Boeing 737-200 dans le Grand Nord étaient les plus belles de sa vie.
Depuis mes années à l’école, et toutes les fois que je croisais ces avions sur les tarmacs d’aéroport, ils me faisaient de l’œil. J’ai donc toujours su que je voudrais un jour piloter pour la compagnie Nolinor, basée à Mirabel, qui possède la plus grosse flotte de 737-200 au monde.
Après avoir envoyé mon CV des dizaines de fois, j’ai finalement intégré la compagnie comme première officière, à l’été 2021.

Après une formation rigoureuse, c’est-à-dire trois semaines de cours en classe, et trois semaines d’entraînement en simulateur à Miami, j’ai finalement commencé à piloter l’avion de mes rêves.
Bien humblement, le défi fut grand. Moi qui avais seulement piloté des avions monomoteurs pouvant accueillir un maximum de 9 passagers, j’étais maintenant aux commandes d’un puissant jet de 119 passagers.
Je suis malgré tout revenue de mon premier vol le sourire aux lèvres, sachant que j’étais définitivement à ma place.
Le 737-200 est un avion développé par Boeing dans les années 1960. Il est intéressant à utiliser dans le Nord du Canada grâce à sa capacité d’atterrir sur des pistes de lacs gelés ou en gravier.
En effet, il est muni d’un genre de ski sur la roue de nez qui empêche les roches ou la glace d’endommager le fuselage de l’avion.
Également, les moteurs sont équipés d’un petit tuyau devant l’entrée d’air qui souffle de l’air à haute pression lorsqu’au sol pour éviter que des débris de roches soient ingérés par la turbine.
L’appareil est aussi reconnu pour ses inverseurs de poussée très distincts, qui redirigent l’air qui sort du moteur vers l’avant pour ralentir l’avion encore plus lors de l’atterrissage, nous permettant d’opérer sur de très courtes pistes.

Depuis mes débuts chez Nolinor, j’ai piloté le 737-200 pour transporter des travailleurs miniers au Nunavut, des chasseurs à l’île d’Anticosti, du cargo aux Territoires-du-Nord-Ouest et même des joueurs d’équipe de sport professionnel aux États-Unis.
La diversité des opérations est définitivement la plus grande de mes motivations. J’ai hâte de voir où les prochaines années me mèneront à bord de cet avion historique.
Je sais que je suis jeune et que j’ai une montagne de leçons à apprendre de tous les capitaines expérimentés avec qui je travaille chaque jour.
Ce que j’aime de ce métier, c’est aussi que l’amélioration est constante et que de nouveaux défis arrivent toujours au bout de l’horizon.
En ce sens, je suis enchantée de commencer comme collaboratrice avec Chicks And Machines, à travers mes autres passions, la littérature, l’histoire, le ski alpin, le vélo comme le plein air.
J’ai hâte de partager différentes facettes de mon travail, telles que mon parcours académique, la place des femmes dans l’aviation, un peu d’histoire d’aviatrices ainsi que certains de mes plus beaux souvenirs récoltés au cours de ma jeune carrière.
À très bientôt!
Myriam D.
20 Commentaires
Bravo. Quel beau parcours Myriam ☺️👌 Félicitations
Merci Myriam!!
Vraiment le fun que tu aie eu la chance de poursuivre ton rêve d’enfant. Bravo pour ta persévérance, bel exemple de réussite!
Tu as définitivement plusieurs talents dont celui de l’écriture! Ta passion pour ton métier est contagieuse. Félicitations! J’attends avec impatience ton prochain article.
Merci Johanne!
Magnifique témoignage d’une jeune femme remarquable ! Comme je dis parfois : « C’est une femme comme on les aime », remplie de force, de courage, d’élan, de vision ! Myriam, je te souhaite un bel avenir et d’être heureuse dans la réalisation de tes rêves !!! 🧡👏🧡👏🧡
Merci pour ces beaux mots Marielle 🙂
Je suis vraiment contente pour toi Myriam 🙂
Tu es vraiment une personne admirable et agréable à côtoyer, Nolinor sont chanceux de t’avoir dans leurs rangs 😎
La vie n’a pas de limites pour les filles comme toi, plus vite, plus loin, plus au Nord 🚀
Je ne te souhaite que des bons voyages, et ne garde de toi que des bons souvenirs xxx
Merci Maude! Que de bons souvenirs aussi, merci pour ces beaux mots 🙂
Wow! Tellement une femme extraordinaire cette Myriam!!! Très fière d’avoir fait des évacuations médicales avec elle!!!
Lâche pas Myriam! Tes rêves sont à ta portée!
Merci MP, ma maman de Côte-Nord! Très fière aussi d’avoir travaillé avec une professionnelle et une femme comme toi!
Félicitations 🤩
Très impressionnante jeune femme !!
Et une carrière des plus prometteuse ✈️
Très bel article Myriam
Au plaisir de te croiser.
Merci Jerome, j’espère qu’on se recroisera aussi!
Bravo pour ton parcours et ténacité de réussir tes rêves…
Comme arpenteur dans le Grand Nord depuis plus de 40 ans, le Boing 737-200 et le Twin Otter sont les deux avions qui m’ont fait le plus trippé… Ce sont des tracteurs du Nord…!!! J,ai volé avec Nolinor sur les projets minier à mainte reprise (Mary River, Meliadine, Canadian Royalty (Donalson)… Depuis 3 ans au projet du REM à Mtl, je vois et entends tous les jours les 200 qui m’ont transporté si souvent et qui ont un son bien à eux… Air Inuit, Canadian North, First Air et Nolinor ont été mes taxis pendant toutes ces années et je souhaite un jour volé dans le 737-200 avec comme capitaine une femme qui pourrait bien être toi… Bonne continuité dans tes rêves…!!! Salutations
Merci Bernard! En effet le 737-200 est une machine indispensable pour le Nord canadien. J’espère aussi que de plus en plus de femmes me rejoignent dans ce beau métier!
Bravo Myriam pour l’ensemble ton ton œuvre et tu en es encore qu’au tout début! Longue vie à y’a passion! Tu as une belle plume aussi! C’est super de te lire. Bonne suite la belle. xxx
Félicitations pour ton emploi de tes rêves!!,
Très beau texte !!
Vivement la passion pour son métier
La passion nous nourrit et nous donne des ailes ( bon jeu de mots dans ton cas 🤣
Caroline,ta dentiste 🦷 encore passionnée 💙💙
bravo myriam tu inspire la confiance , la competence , et gentillesse
c’est une très belle histoire… j’ai adoré. pour moi cela est toujours dans mon rêve… depuis la mort de mon père, qui était pilote, je n’ai plus eu cette possibilité de poursuivre ce rêve. mais bon, je garde espoir…