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Voici comment devenir pilote d’avion!
Je dis souvent que j’ai été très chanceuse tout au long de mon parcours de carrière. La vérité est que celui-ci a été parsemé de défis et d’opportunités qui ont fait en sorte que je suis où je suis aujourd’hui et que je suis la personne que je suis.
Je me considère très chanceuse d’avoir su très jeune le métier que je voulais faire plus tard. Je vais vous expliquer, dans cet article, mon parcours académique qui me permet de vivre de ma passion aujourd’hui.
Premièrement, dès le début du secondaire, je pensais à la prochaine étape afin de devenir pilote de ligne. J’ai rapidement pris connaissance des trois options qui s’offraient à moi. La première est celle des Forces armées canadiennes . Bien que ce soit l’option la moins dispendieuse des trois car les pilotes sont rémunérés tout au long de leur formation, le milieu militaire ne m’intéressait pas de prime abord et je jugeais que le temps avant d’atteindre mon but serait plus long.
Une autre option aurait été de compléter mes licences de vol dans une école de pilotage privée. C’est une option intéressante puisque l’enseignement est complètement personnalisé. L’élève a le choix de l’avion, de l’horaire, de ses instructeurs, du rythme d’apprentissage et bien plus. Cette voie demande donc beaucoup de discipline personnelle et de temps, en plus de coûter particulièrement cher, de l’ordre de plusieurs dizaines de milliers de dollars en tout.

Ma décision
Le parcours qui m’intéressait le plus était cependant le programme technique du cégep de Chicoutimi, le Centre Québécois de Formation Aéronautique. Le CQFA est le seul programme public et collégial pour le pilotage au Québec.
C’est une formation technique de trois ans au terme de laquelle les étudiants ont en poche un DEC en pilotage d’aéronefs et toutes les licences nécessaires de Transports Canada. Située à Chicoutimi, au Saguenay, sur son petit aéroport presque privé, l’école possède une flotte d’avions adaptée à l’industrie et des simulateurs de vol intégrés.
Cette école était pour moi le Poudlard de l’aviation. À cause de sa très bonne réputation, mais aussi de son contingentement. En effet, seulement 40 étudiants sont sélectionnés à chaque année, pour environ 300 à 400 demandes. Le processus de sélection se décline en deux étapes.
D’abord, les candidats qui respectent les prérequis sont invités à des examens écrits d’une durée d’une journée où ils sont testés sur leurs aptitudes en mathématiques, calculs mentaux, anglais, français, physique, personnalité et connaissances générales en aviation, entre autres. Les 110 meilleurs candidats de ces tests sont ensuite invités à deux jours de tests au Saguenay.
Ces tests comprennent des examens médicaux, un test d’aptitudes sur ordinateur et une longue entrevue où on mesure la motivation des candidats. En effet, comme le programme est cher à maintenir, la direction veut s’assurer d’avoir à son bord des étudiants sérieux, motivés et qui réussiront ensuite à passer à travers le programme.

Petit accrochage
Lors de ma première tentative au processus d’admission en 2014, j’ai malheureusement été rejetée au terme de la toute dernière étape.
Moi qui avait travaillé d’arrache-pied tout mon secondaire et qui s’était ardemment préparée, le coup a été très dur. J’avais l’impression de décevoir tous les gens qui croyaient en moi, ma famille comme les enseignants qui m’avaient aidée tout au long de mon parcours.
Après mon secondaire, au lieu de poursuivre mon rêve Saguenéen, j’ai donc été contrainte d’étudier en sciences humaines au cégep à deux pas de chez moi. Nul besoin de dire à quel point la motivation n’était pas au rendez-vous. Mon but est cependant resté le même. Je me suis retroussé les manches et je me suis encore mieux préparée pour les sélections de l’année suivante.
Je me souviendrai toujours du moment où j’ai ouvert le courriel qui mentionnait que j’avais été acceptée dans le programme. La lettre générique m’appelait même « Monsieur » au début. La joie a côtoyé la nervosité de réaliser que j’entrais dans un milieu dominé par les hommes, où j’allais devoir me tailler une place en travaillant fort et en prouvant jour après jour mes motivations.

J’ai donc, à 19 ans, déménagé toute seule dans un petit appartement au Saguenay, pour y débuter ma formation de pilote. La première année, je n’ai pas touché à un seul avion!
Celle-ci est effectivement consacrée aux cours de base du cégep, à la formation théorique, à l’histoire de l’aviation et de la survie en forêt et dans l’eau, entre autres. Lors de la deuxième année, j’ai ensuite obtenu ma licence de pilote privé, à bord du Sundowner C23, petit avion 4 places à ailes basses.
La troisième année est de loin la plus intense. En effet, j’y ai obtenu mes licences de multimoteurs, de vol aux instruments et de pilote professionnel, sur le C23 et sur le Piper Navajo, un avion à deux moteurs et 6 places. En plus de tests en vol pour chaque licence, les examens théoriques et les sessions de simulateurs s’enchainaient sans relâche. Vient à cela aussi le stress de se trouver un emploi alors que la formation s’achève.

En rétrospective
J’ai adoré mes années au CQFA. Le petit groupe de 40 élèves n’avait d’autre choix que de se serrer les coudes à travers les épreuves et les longues soirées d’études. J’y ai rencontré des enseignants et instructeurs qui avaient à cœur notre formation et la sécurité de nos futurs passagers.
Il ne passe pas une journée de travail sans qu’une situation ne me fasse penser à l’un de leurs adages ou avertissements. Malgré quelques appréhensions, j’y ai toujours été généreusement accueillie en tant que femme, autant par mes pairs que par le corps enseignant et j’en serai éternellement reconnaissante.
Avec un peu de recul, je n’ai aucun doute que cette option a été la meilleure pour moi. Dans l’industrie, la réputation des étudiants de l’école me rend fière d’y avoir fait mes premiers pas de pilote.
Il est à noter que cet environnement a été le plus bénéfique à mes apprentissages personnels et que d’autres parcours conviennent peut-être mieux à d’autres types de personnes. Quel que soit le chemin parcouru, les exigences en matière de compétences pour les licences de pilote de Transports Canada sont les mêmes et tous les chemins mènent à Rome!
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Bonjour,je voulais savoir combien a coûté le cour??