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Sylvie : former des motocyclistes, inspirer des passionnés
À 15 ans, Sylvie Hamel découvre la moto sur de petites machines de trail. Ses deux frères, plus âgés, l’emmènent parfois derrière eux pour une balade, juste assez pour lui donner la piqûre. Elle rêve déjà d’avoir sa propre moto, mais la vie en décide autrement.
Sa mère tente de la convaincre d’oublier cette idée. Puis les années passent. Sylvie devient sauveteuse, monitrice de natation, entraîneure, monitrice de ski alpin et, surtout, maman de trois garçons. Pourtant, elle ne laisse jamais expirer son permis de moto.
« Je crois qu’inconsciemment, j’étais persuadée qu’un jour, je conduirais ma propre moto. »
Ce moment arrive lorsqu’elle rencontre son conjoint actuel, lui aussi passionné de moto. Il lui offre sa première moto pour qu’ils puissent partir en randonnée ensemble. Un cadeau qui changera bien plus que ses fins de semaine.
Une opportunité qui change une vie
C’est d’abord son conjoint qui remarque une offre d’emploi de Tecnic à la recherche de formateurs moto. Il suit la formation et devient instructeur.
Sylvie, de son côté, croit que ce métier est réservé aux experts capables de démonter et de remonter un moteur les yeux fermés.
L’année suivante, Tecnic recrute de nouveau. Et c’est à ce moment qu’elle se dit: « Pourquoi pas? »
Elle découvre rapidement que le cœur du métier n’est pas la mécanique, mais l’humain. Après une formation théorique et pratique, plusieurs périodes d’observation et un accompagnement sur le terrain, elle devient officiellement instructrice.
Aujourd’hui, elle transmet sa passion depuis plusieurs années avec le même enthousiasme.

Liberté et moment présent
Pour Sylvie, la moto représente beaucoup plus qu’un moyen de transport.
« Elle m’apporte un sentiment de liberté, mais aussi une présence dans le moment. Quand on roule, tous nos sens sont en éveil. On doit être alerte, vigilant. C’est ce qui rend la moto si unique. »
Cette philosophie influence également sa façon d’enseigner.
Voir la confiance apparaître
Sylvie explique qu’être instructrice, ce n’est pas seulement expliquer une technique ou corriger une trajectoire, c‘est surtout aider une personne à croire en ses capacités.
Chaque journée débute par la préparation des motos, des circuits et de l’horaire, mais l’essentiel du travail se déroule sur le terrain. Selon Sylvie, près de 95 % de son temps est consacré directement à l’enseignement.
Son objectif est de donner aux élèves les outils nécessaires pour réussir, tout en les rassurant lorsqu’ils doutent.
« Lorsqu’un élève bloque sur une manœuvre, ça devient un défi pour moi. Je cherche une nouvelle façon de lui expliquer, une autre image, une autre démonstration. Et quand je vois enfin le déclic dans ses yeux, c’est extrêmement gratifiant. »
Qu’un élève arrive dans son cours avec plusieurs années d’expérience ou qu’il n’ait jamais touché à une moto, son approche demeure la même: partir de là où il est et le faire progresser, étape par étape.

Être un bon motocycliste ne suffit pas
Contrairement à ce que plusieurs imaginent, conduire une moto avec aisance ne fait pas automatiquement un bon instructeur.
Pour Sylvie, les qualités essentielles sont patience, écoute, observation et capacité d’adapter ses explications à chaque personnalité.
« Il faut parfois simplifier les explications et montrer davantage. Une bonne démonstration vaut souvent mille mots. »
Chez Tecnic, l’enseignement est également très structuré. Chaque cours suit des objectifs précis et les instructeurs travaillent avec des fiches techniques communes afin d’offrir une formation uniforme partout au Québec. Des rencontres régulières permettent aussi de partager les défis rencontrés et d’améliorer continuellement les méthodes d’enseignement.

Même les instructeurs continuent d’apprendre
Former de nouveaux motocyclistes a également transformé sa propre façon de conduire.
« Aujourd’hui, je suis beaucoup plus consciente des risques. Je suis plus vigilante, je porte davantage attention aux autres véhicules et je fais tout pour être visible. »
Sylvie applique à sa propre conduite les enseignements qu’elle partage quotidiennement à ses élèves.

La force d’une approche différente
Pour Sylvie, les techniques d’enseignement demeurent essentiellement les mêmes, peu importe que l’instructeur soit un homme ou une femme et considère que la différence se situe davantage dans l’approche.
Elle remarque que plusieurs femmes se sentent rapidement en confiance avec une instructrice. Elles osent davantage partager leurs inquiétudes, poser des questions qu’elles garderaient parfois pour elles et parler ouvertement de leurs craintes.
« Dans un groupe où il y a une femme et neuf hommes, ça peut être intimidant. Avoir une formatrice permet parfois de créer un climat où elles se sentent davantage comprises. »
C’est pourquoi elle souhaite voir davantage de femmes rejoindre les rangs des instructeurs chez Tecnic. Non pas parce qu’elles enseignent mieux, mais parce que leur présence permet à encore plus de personnes de trouver leur place dans le monde de la moto.
Briser les préjugés
Au fil des années, Sylvie a parfois rencontré quelques élèves étonnés de voir une femme leur enseigner la moto.
Les préjugés existent encore, même s’ils sont devenus rares.
« Certains doutent de mes compétences au début. Mais après quelques démonstrations et quelques explications, ils réalisent rapidement que je maîtrise très bien mon métier. »
Elle souligne également que l’équipe Tecnic l’a toujours soutenue, sans distinction entre les hommes et les femmes.
Plus qu’un métier
S’il y a une chose que Sylvie retient de toutes ces années comme instructrice, c’est le privilège d’accompagner quelqu’un dans les premiers instants d’une nouvelle passion.
Selon elle, un bon cours de moto respecte le rythme de chaque élève, fait progresser étape par étape et permet d’acquérir des habitudes sécuritaires qui dureront toute une vie.
Et si elle avait un conseil à donner à quelqu’un qui hésite à devenir instructeur?
« Si tu aimes transmettre, écouter et voir les gens réussir, c’est un métier incroyablement valorisant. Quand un élève réussit enfin une manœuvre qu’il croyait impossible, les étoiles dans ses yeux… c’est la plus belle récompense. »





